Les chameaux paraissent originaires d'Asie centrale. La première espèce (Camelus bactrianus) a été retrouvée sous sa forme sauvage dans le désert de Gobi. D'après des données récentes, il semble que le chameau sauvage du désert de Tartarie appartienne à une espèce génétiquement différente du chameau de Bactriane ; les chercheurs lui ont donné le nom de Camelus ferus.
Le chameau est plutôt utilisé en Asie centrale. En Asie méridionale, en Asie mineure et enAfrique, c'est le dromadaire qui le remplace.
Le chameau de Bactriane était anciennement très répandu, mais sa population est aujourd'hui réduite à environ 1,4 million d'individus, essentiellement domestiques. Il semble qu'il reste environ 1 000 chameaux de Bactriane sauvages dans le désert de Gobi et de petites quantités en Iran, en Afghanistan, en Turquie et en Russie.
Bien qu'il y ait presque 20 millions de dromadaires aujourd'hui, l'espèce est inconnue à l'état sauvage en Afrique ou en Asie. En revanche, dans les déserts d'Australie, où le dromadaire avait été introduit au début de la colonisation européenne, les individus abandonnés par les agriculteurs au début du xxe siècle ont donné naissance à une population retournée à l'état sauvage (dromadaires marrons). On compterait actuellement environ 1 000 000 dromadaires sauvages, surtout dans le désert de Simpson5.
Les plus importantes populations se trouvent par ordre décroissant en Somalie (6 millions de têtes), au Soudan (3,5 à 4 millions), enMauritanie (1,5 à 2 millions), en Inde (1 million) et en Éthiopie (1 million). Toutefois l'absence de statistiques fiables laisse supposer que ces chiffres ne correspondent pas à la taille réelle de la population existante.
L'hybridation du dromadaire et du chameau de Bactriane, pratiquée surtout au Kazakhstan, permet d'obtenir des produits associant la robustesse du chameau (notamment sa résistance au froid) et la productivité laitière du dromadaire.
Étymologie[modifier]
Le nom latin du genre est Camelus, lequel transcrit le grec kamēlos (κάμηλος). Il s'agit d'un emprunt au phénicien gamal.
Le nom du chameau est peut-être à l'origine d'une lettre de l'alphabet phénicien (lointain ancêtre de l'alphabet latin), à savoir la troisième lettre de l'alphabet proto-sinaïtique, appelée gamel (qui a donné gamma en grec).
On pense qu'à l'origine, cette lettre représentait une bosse, laquelle en s'inclinant a donné le C de l'alphabet latin6. Ce signe se nommegimel en hébreu (et jīm en arabe) ; les voyelles longues n'étant pas notées dans l'écriture des langues sémitiques, la succession des trois consonnes gml peut donc se lire gimel (= la lettre g) ou gamal (= « chameau »).
D'autre part, on peut entendre dans le midi de la France le mot technique camelle, venu du provençal camello « chamelle ». Ce terme désigne les longs tas de sel qui s'étendent au bord des marais salants7.
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